Sud Ouest : portrait

Alexis Duffaure, musicien dans l’âme

À vingt-six ans, Alexis Duffaure dirige plusieurs chorales, est organiste à l’église Sainte-Eulalie et Martre de chapelle de la cathédrale de Bordeaux. Son (peu de) temps libre, il le dédie.., à la musique !

Né à Paris, Alexis Duffaure a vécu son enfance et sa jeunesse à Bordeaux, ville où il habite toujours, Ainé d’une fratrie de quatre enfants, il a toujours baigné dans un milieu familial où la musique a été très présente.

Passionné lui même depuis tout petit par la Musique, Alexis Duffaure a suivi un parcours de formation classique jusqu’à l’obtention de son bac S au lycée Montaigne de Bordeaux. Puis, il a décidé de conjuguer les études et sa passion, la musique, en se dirigeant vers des études de musicologie D’abord une licence à Bordeaux 3, puis une formation au Conservatoire de Bordeaux, où il a obtenu le prix de direction de chœur, le prix d’analyse et le prix d’écriture. Il est ensuite parti à Paris où il a décroché son diplôme de direction d’orchestre à l’École Normale. Encore aujourd’hui, il poursuit des études de percussion au Conservatoire de Bordeaux.

Malgré son jeune âge, Alexis dirige plusieurs chorales à Bordeaux dont le Chœur Voyageur, le Chœur des filles de la Maîtrise de Bordeaux et depuis cette année, les Petits chanteurs de Bordeaux. On ne s’étonnera donc pas quand il affirme que diriger était un « rêve d’enfant ». Alexis dirige également l’orchestre du Conservatoire de Bordeaux. « J’ai la chance d’être élève et professeur en méme temps, au Conservatoire » assure-t-il.

Partager sa passion et créer du beau

Pour lui, le plus important dans la musique, c’est de faire du beau, construire ensemble. « Lors des tournées que nous faisons, nous créons une ambiance très bonne, que ce soit avec les jeunes filles de la Maîtrise, avec lesquelles je travaille depuis déjà cinq ans, ou avec les garçons des Petits chanteurs de Bordeaux. »

La vie d’Alexis Duffaure est faite de musique et de voyages. Mais il revient toujours à Bordeaux, ville à laquelle il se sent très attaché. « J’ai creusé ma place à Bordeaux et ce serait dommage de tout plaquer pour aller ailleurs. » Depuis le début, ce sont les rencontres qui ont dirigé la vie professionnelle d’Alexis. A l’origine, le Chœur voyageur est une histoire de copains de la faculté en musicologie « Nous sommes une quarantaine de jeunes âgés de dix-neuf à trente-quatre ans. Je n’ai pas demandé à en être le directeur ce sont eux qui m’ont désigné ! Parfois ils aiment bien me taquiner en m’appelant chef au lieu de mon prénom… Cinq ans après, nous continuons à chanter ensemble, faisons des concerts en France et, chaque année, nous organisons une tournée dans une ville étrangère différente Prague, Florence, Londres, etc. » Dans quelques semaines, Alexis et son Chœur voyageur vont participer au concours international de chant choral Florilège, à Tours.

L’amitié en chantant

Les amis, cela compte pour Alexis. D’ailleurs, sa vie ressemble un peu à la série américaine Friends, mais en version musicale. « J’habite en colocation. Nous sommes cinq jeunes. Tous membres du Choeur voyageur : l’un joue du piano, l’autre de la batterie, un autre de la clarinette, il y a aussi une prof de chimie mais elle chante quand même. Je ne vous dit pas ce que la pauvre voisine doit subir avec nous ! »

Pour ce jeune chef d’orchestre, le partage est très important. « Lors de chaque concert, nous partageons beaucoup de choses, J’ai un lien avec chaque chanteur très important. Nous nous faisons plaisir et cela se voit. C’est un moment de générosité et le public le sent, il y a beaucoup d’humour mais ce n’est pas improvisé, il y a beaucoup de travail en amont. Nous créons du beau ensemble et cela, c’est très important. »

Alexis Duffaure affirme que « Ia musique est un langage international, que tout le monde connait. Sans musique, on ne peut pas vivre. » Selon lui, il est important d’éduquer les enfants dès le plus jeune âge à la musique. « Bien sûr les jeunes prennent ce qu’on leur donne mais il vaut mieux avant le collège car à moment-là, ils sont déjà leurs repères. Le chant touche le corps, la personnalité affecte directe-ment le comportement de la personne. Il y a des entants qui se découvre à travers la musique et le chant et cela est très valorisant pour eux. L’essentiel est de se faire plaisir. Même les enfants ou les adultes qui chantent faux peuvent surmonter ce handicap et découvrir le plaisir de chanter. Il faut simplement être pédagogue et trouver d’où vient l’erreur.

Et Dieu au milieu de tout cela ? « Tout petit, mes parents m’emmenaient à l’église. C’est la que j’ai découvert l’envie de faire de la musique. J’ai été d’abord enfant de choeur et, depuis dix ans, je suis organiste. Pour moi, Dieu est dans tout ce qui est beau. Quatre-vingt pour cent de la musique que je fais est de la musique sacrée donc, indirectement, il est partout dans ce que fais. Même si je n’arrive pas à prier toujours lorsque je joue pendant une messe, j’aime bien apporter une méditation, un côté festif. C’est presque manipulateur, mais la musique peut faire passer beaucoup de choses. Dans les chants, tout est dans le texte. Le but du chant est de mettre le texte en valeur : il parait que chanter, c’est prier deux fois. Et c’est devenu mon métier.

Anna DAVID

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