Sud-Ouest 26.04.12 Les Ornements

26/03/2012 Résurrection à Saint-Seurin

par François Clairant

Deux œuvres de Valette de Montigny ont été chantées samedi, près de 300 ans après leur création.

Si les Bordelais sont tous attachés à leur patrimoine architectural du XVIIIe siècle, nombreux sont ceux qui ont voulu, samedi dernier, découvrir un pan du patrimoine musical de leur siècle d’or. Après Beck et Levens, c’est le nom de Valette de Montigny qui a été tiré de l’oubli.

Il fut maître de chapelle de la collégiale Saint-Seurin, qui ne possédait pas encore son titre de basilique, de 1725 à 1729, à une époque où les chanoines consacraient un gros budget à la musique, pour donner du lustre aux célébrations.

Il n’est pas certain que les deux grands motets dénichés à Versailles et à Lyon, un « Beatus Vir » et un « Salvum me fac Deus » pour solistes, chœur et orchestre, aient été chantés à Bordeaux, ni que ce soient les œuvres que le compositeur aurait voulu léguer à la postérité.

Un serpent virtuose

Mais en les dirigeant, Alexis Duffaure a donné la preuve qu’il n’a pas perdu son temps en reconstituant patiemment des partitions entamées par les souris. Les dix-huit chanteurs de l’ensemble vocal Les Ornements, qu’il a fondé il y a un an à peine, donnent vie aussi bien aux chœurs brillants qu’aux solos, duos et trios méditatifs, avec des voix aussi belles qu’expressives. On y retrouve les traits typiques de la musique française de l’époque, avec quelques tournures personnelles qui surprennent l’oreille et souvent la séduisent.

Les instrumentistes de l’ensemble baroque Les Caractères, menés par Xavier Julien-Laferrière au violon, ne sont pas étrangers au succès de cette résurrection. Ils ont ciselé leurs parties avec le même soin que celles de la Suite « françoise » extraite des « Nations », chef-d’œuvre incontesté de Couperin, complément de programme dont seuls hélas les auditeurs des premiers rangs ont pu goûter les raffinements.

Mais le héros de la soirée a été Volny Hostiou qui tire de cet instrument insolite appelé serpent les sons les plus divins et les tempêtes les plus démoniaques, avec une virtuosité époustouflante.

Source : http://www.sudouest.fr/

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